Le patriarcat, culture misogyne et pédocriminelle

Nous avons reçu récemment un message nous alertant sur la photo d’un déguisement pour enfant vendu en Espagne principalement pour le carnaval de Mardis Gras, pour les filles de 1 à 14 ans (ceci n’étant pas un hasard étant donné qu’à 15 ans, les hommes estiment que les filles ont atteint la majorité sexuelle et qu’elles doivent s’habiller avec des vêtements sexualisés de femmes adultes qu’ils ont prévus à cet effet).
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On commercialise et donc propose un déguisement d’infirmière sexy à des enfants de 1 à 14 ans. On y voit un corps de femme portant une robe courte, ce qui permet de libérer l’entre-jambe, avec un décolleté jusqu’aux épaules, dévoilant ainsi des zones dites érogènes et attrayantes à la vue des hommes. Quand on regarde de plus près on voit que c’est un corps de femme sur lequel on a collé la tête d’une enfant. Les talons, qui ne sont pas vendus avec le déguisement, sont suggérés pour parfaire l’idéal féminin des hommes. Ils modifient la posture et sexualisent la silhouette des femmes. Pourtant les chaussures à talons sont une réelle entrave à leur quotidien. En plus de faire des femmes des proies plus faciles à dominer, les dommages physiques que causent les talons ne sont plus à démontrer(1). Les talons sont une arme de destruction massive tant ils nuisent à l’intégrité physique et mentale des femmes. Les suggérer à des enfants et les conformer au mâle gaze(2) est un des visages de la violence patriarcale.
Ces déguisements soumettent les filles très jeunes au regard masculin. Ce regard si aliénant quand il se porte sur les femmes et les enfants et qui façonnent la moitié de la population. La sexualisation de ces déguisements et les poses demandées aux enfants représentent notre culture misogyne et agiste(3).
Il y a aussi que ce fétichisme de l’infirmière, la policière ou la pompière sexy, dominatrice ou soumise, est un scénario typique de films pornographiques. Proposer ce type de déguisements reliés directement aux fantasmes dégénérés masculins à des enfants est un acte pédocriminel grave.
Mais tout ceci n’est ni nouveau ni un cas isolé. On pourrait faire le parallèle avec les concours de beauté notamment les “mini-miss”. Concours véritablement aliénant pour la classe des femmes. Les femmes sont jugées quotidiennement sur leur apparence et ces concours sont formateurs. Les filles et les femmes qui y participent sont des représentations de la (future) femme parfaite au regard masculin. La publicité également, passe son temps à rappeler aux femmes à quel point il est incontournable qu’elles soient ou du moins paraissent, jeunes. Le corps des femmes est devenu un bon moyen de faire du profit de multiples façons.

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Campagne Love Cosmetics 1974 où on peut lire : « Parce que l’innocence est plus sexy que ce que vous pensez » sexualisant gravement les enfants.
Les femmes subissent toutes ces injonctions très tôt dans leur enfance. Les hommes sexualisent les filles tandis qu’ils exigent des femmes l’éternelle jeunesse notamment qu’elles soient glabres, c’est-à-dire la peau lisse et douce, sans poils. La norme du glabre étant imposée si violemment dans notre société qu’on en est à un point où les femmes elles-mêmes refusent leurs poils, convaincues du manque d’hygiène qui y est associé et du dégoût qu’ils induisent. Pourtant ils sont une caractéristique de la femelle humaine adulte et font partie de son identité. Ils ont aussi un rôle bien déterminé dans la protection de leur corps. Sauf que les hommes se sont appropriés le poil comme symbole de la virilité et du pouvoir, il n’est donc pas question que les femmes puissent arborer la moindre preuve de leur existence ou revendiquer leurs poils dans l’espace public. Garder ses poils en tant que femme est devenue une véritable revendication politique(4).
Les analyses et études dénoncent l’hypersexualisation quand la sexualisation est déjà problématique. Elle est créée par les hommes pour pouvoir identifier les potentielles « proies » et les différencier d’eux, les femmes des hommes. La robe ou jupe telle qu’elle est imposée à la féminité dans nos sociétés occidentales est un moyen parmi d’autres de discrimination et de traitement différent immédiat et rend plus vulnérables les personnes qui y sont contraintes. La sexualisation (précose) contribue aux violences sexuelles envers les femmes et à la pédocriminalité(5).
La société patriarcale est basée sur l’exploitation reproductive des femmes et les sexualise dès la naissance. Les hommes nous apprennent dès le plus jeune âge à correspondre à ce qu’ils attendent des femmes, douces, soumises, sexys, sexuelles. Comme le sexe/genre masculin est valorisé constamment et le sexe/genre féminin dénigré constamment, les femmes apprennent très tôt à admirer les hommes et à vouloir leur attention. Les hommes créent cette dépendance de toutes pièces aidés par le mythe de la complémentarité, largement répandu. Les femmes n’ont pas réellement d’autres choix que de vouloir très tôt les satisfaire.
Cependant les hommes et leurs désirs pervers et aliénants représentent un danger pour les femmes et les enfants et pour l’ensemble de la société. Il faut stopper cette normalisation toujours plus grave de la pédocriminalité et de la misogynie, il faut stopper cette culture du viol des femmes plus encouragée que réprimée et s’opposer fermement aux hommes. Il faut arrêter de croire que nous sommes des propriétés.
Le jour où les femmes comprendront l’importance de refuser l’emprise des hommes et de les exclure sans ménagement, il y aura l’espoir d’un réel changement. Pour l’instant, on s’enfonce un peu plus dans l’horreur misogyne et phallocentrée.

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2 réflexions sur “Le patriarcat, culture misogyne et pédocriminelle

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